Mon partenaire refuse la thérapie de couple : que faire ?

Vous avez proposé une thérapie de couple. Votre partenaire a dit non.

Peut-être avec des mots comme :

« Nous n’avons pas besoin de ça. »
« Ça ne sert à rien. »
« Je n’ai pas envie de raconter notre vie à quelqu’un. »
Ou même : « C’est toi qui as un problème, pas moi. »

Et vous restez avec cette question : si mon partenaire refuse, qu’est-ce que je peux encore faire ?

La réponse est importante : vous ne pouvez pas obliger votre partenaire à faire une thérapie de couple. Une démarche à deux a besoin que chacun accepte d’y participer.

Mais cela ne veut pas dire que vous ne pouvez plus rien faire.

Vous pouvez essayer de comprendre ce qu’il refuse précisément. Vous pouvez lui expliquer ce que vous vivez sans chercher à lui prouver qu’il a tort. Vous pouvez proposer une première rencontre. Et si son refus reste clair, vous pouvez aussi vous faire accompagner de votre côté pour regarder ce que vous vivez et ce que vous souhaitez faire maintenant.

En bref
  • Vous ne pouvez pas imposer une thérapie de couple à votre partenaire.
  • Avant de chercher à le convaincre, essayez de comprendre ce qu’il refuse réellement.
  • Parlez de ce que vous vivez plutôt que de lui expliquer ce qu’il devrait changer.
  • Vous pouvez proposer une première séance, sans décider à l’avance d’un suivi.
  • Si son refus persiste, vous pouvez consulter seul en psychothérapie. Ce n’est pas une thérapie de couple sans lui : c’est un accompagnement pour vous.

Dans cet article

Votre partenaire refuse la thérapie de couple : pouvez-vous le forcer ?

Non. Une thérapie de couple demande que les deux partenaires acceptent d’y participer.

Dans mon travail avec les couples, je n’ai pas besoin que les deux partenaires arrivent convaincus par la thérapie. En revanche, j’ai besoin que chacun accepte réellement d’être là et de participer à la rencontre, même avec ses doutes ou ses réserves.

Votre partenaire peut donc être méfiant. Il peut ne pas savoir si cela servira à quelque chose. Il peut même venir en disant :

« Je ne sais pas si cela va nous aider, mais j’accepte d’essayer. »

Ce n’est pas la même chose que venir après des semaines de pression ou uniquement pour éviter une dispute.

Vous avez le droit de dire que cette démarche compte pour vous. Votre partenaire garde le droit de dire non.

Si vous souhaitez comprendre plus précisément le cadre proposé, vous pouvez découvrir ma thérapie de couple en ligne.

Commencez par comprendre ce que votre partenaire refuse vraiment

Avant de chercher de meilleurs arguments, il peut être utile de savoir ce qui pose problème dans la proposition elle-même.

Est-ce la thérapie qu’il refuse, ou ce qu’il imagine de la séance ?

Votre partenaire peut avoir peur d’être jugé. De se retrouver face à quelqu’un qui prendra votre parti. D’être présenté comme celui qui pose problème.

Il peut ne pas avoir envie de parler de choses intimes devant une personne qu’il ne connaît pas. Il peut aussi être gêné par la visio, le prix, la durée possible de l’accompagnement ou avoir déjà vécu une mauvaise expérience thérapeutique.

Et il peut simplement ne pas croire à la thérapie.

Vous ne pouvez pas savoir à sa place pourquoi il refuse.

Vous pouvez en revanche lui demander :

« Qu’est-ce qui te gêne le plus dans l’idée d’une thérapie de couple ? »

Sa réponse vous donnera beaucoup plus d’informations qu’une nouvelle tentative pour le convaincre.

« Pas maintenant » ne veut pas forcément dire « jamais »

Il existe aussi une différence entre :

« Je ne veux jamais faire de thérapie de couple. »

et :

« Pas maintenant. »
« Pas avec cette personne. »
« Pas en visio. »
« J’aimerais d’abord savoir comment ça se passe. »

Dans le deuxième cas, ce n’est peut-être pas l’idée d’être aidé qui est refusée.

Dans le premier, votre partenaire vous dit réellement qu’il ne souhaite pas participer à cette démarche.

Cette différence compte, parce que la suite n’est pas la même.

Comment lui parler de thérapie sans le braquer davantage ?

Vous n’avez pas besoin de démontrer à votre partenaire qu’il a besoin d’un thérapeute.

Vous pouvez commencer beaucoup plus simplement : lui expliquer pourquoi, vous, vous aimeriez demander de l’aide.

Parlez de ce que vous vivez, pas de ce qu’il devrait changer

Dire : « Tu as besoin d’une thérapie. »

peut facilement être entendu comme : « Le problème, c’est toi. »

Vous pouvez plutôt dire :  « Je ne suis plus bien avec ce qui se passe entre nous et j’aimerais que nous trouvions de l’aide. »

Ou :  « Nos disputes me font souffrir et j’ai l’impression que nous n’arrivons plus à en sortir seuls. C’est pour ça que je voudrais que nous essayions une séance. »

Vous parlez alors de ce que vous vivez et de ce que vous souhaitez, sans décider à la place de votre partenaire de ce dont il aurait besoin.

Demandez-lui ce qui le freine

Si votre partenaire répond :

« Je ne veux pas raconter notre vie à quelqu’un. »

vous pouvez être tenté de lui expliquer immédiatement pourquoi il se trompe.

Essayez plutôt :

« Qu’est-ce qui te dérange dans cette idée ? »

Puis écoutez sa réponse.

Pas pour préparer votre contre-argument.

Pour comprendre ce qu’il vous dit réellement.

Vous pouvez proposer une première rencontre sans décider de la suite

Votre partenaire peut entendre « thérapie de couple » comme « nous partons pour des mois de séances ».

Vous pouvez distinguer les deux choses :

« Je ne te demande pas de décider maintenant de faire une thérapie pendant plusieurs mois. Je voudrais que nous fassions une première séance, puis que nous voyions tous les deux ce que nous en pensons. »

Cette proposition doit rester honnête.

Une première rencontre n’est pas une façon détournée de lui faire accepter un suivi.

S’il veut d’abord savoir à quoi s’attendre, vous pouvez lui transmettre l’article Que se passe-t-il lors d’une première séance de thérapie de couple en ligne ?.

Ce qu’il vaut mieux éviter si votre partenaire refuse

Lorsque vous avez peur que votre relation se dégrade, vous pouvez avoir envie d’insister encore davantage.

Mais la thérapie risque alors de devenir un nouveau sujet de dispute.

Évitez de prendre rendez-vous à la place de votre partenaire, de lui cacher la véritable raison du rendez-vous ou de revenir sur la question tous les jours jusqu’à ce qu’il cède.

Évitez également de présenter le thérapeute comme celui qui va enfin lui expliquer que vous aviez raison.

Une thérapie de couple n’est pas un tribunal. Quand je vous reçois ensemble, je ne cherche pas à déterminer lequel de vous deux a raison ou lequel serait responsable du problème. Je cherche d’abord à comprendre comment chacun vit la situation et ce qui vous empêche aujourd’hui d’avancer ensemble.

C’est aussi pour cela que votre partenaire peut venir avec un point de vue très différent du vôtre. Il n’a pas besoin d’être d’accord avec vous avant la séance.

Et si vos discussions se terminent déjà régulièrement en reproches, en silence ou en disputes, vous pouvez aussi lire la page consacrée aux problèmes de communication et aux conflits dans le couple.

Peut-on faire une thérapie de couple seul ?

Non, pas comme thérapie de couple. Le travail porte sur votre relation et nécessite donc la participation de votre partenaire.

Vous ne pouvez pas faire « votre moitié de thérapie de couple » pendant qu’un thérapeute analyserait l’autre en son absence.

En revanche, vous pouvez consulter seul en psychothérapie.

Lorsque je reçois une personne seule pour une difficulté qui concerne son couple, je ne travaille pas sur le partenaire absent. Je pars de ce que la personne vit : ce qui la fait souffrir, ce qu’elle essaie depuis parfois longtemps, ce dont elle a besoin et ce qu’elle peut ou ne peut plus accepter.

Ce n’est donc pas un remplacement de la thérapie de couple. Et ce n’est pas une manière d’apprendre comment faire changer votre partenaire.

L’accompagnement part de vous : ce que vous vivez dans cette relation, ce qui vous fait souffrir, ce que vous avez déjà essayé, ce dont vous avez besoin et les choix auxquels vous êtes peut-être confronté.

Si cette possibilité correspond davantage à votre situation actuelle, vous pouvez découvrir la psychothérapie en ligne.

Que pouvez-vous faire de votre côté si votre partenaire refuse ?

Le refus de votre partenaire ferme une possibilité : vous ne pouvez pas commencer un travail de couple à deux sans lui.

Mais vous pouvez encore vous occuper de votre propre situation.

Vous pouvez regarder ce qui vous fait souffrir aujourd’hui. Ce que vous avez déjà essayé. Les discussions que vous recommencez sans cesse. Les moments où vous ne savez plus quoi dire ou quoi faire.

Vous pouvez aussi clarifier ce dont vous avez besoin dans cette relation.

Et surtout, distinguer ce qui dépend encore de vous de ce qui dépend de votre partenaire.

Vous pouvez essayer de parler autrement. Vous ne pouvez pas obliger l’autre à écouter.

Vous pouvez exprimer ce dont vous avez besoin. Vous ne pouvez pas garantir qu’il y répondra.

Vous pouvez décider de ce que vous acceptez encore ou non. Vous ne pouvez pas décider à sa place qu’il doit changer.

C’est l’un des intérêts possibles d’un accompagnement individuel dans cette situation : vous aider à voir plus clair dans ce que vous pouvez encore essayer, ce que vous ne pouvez pas contrôler et les choix qui vous appartiennent.

Faut-il poser un ultimatum pour qu’il accepte une thérapie de couple ?

Faire pression sur votre partenaire pour obtenir son accord n’est pas une bonne base pour commencer une thérapie. Mais exprimer une limite réelle n’est pas la même chose qu’utiliser un ultimatum pour obtenir un oui.

Par exemple :

« Si tu ne fais pas de thérapie, je te quitte. »

peut être une menace si votre seul objectif est de lui faire peur pour qu’il accepte.

En revanche :

« Je ne sais pas combien de temps je peux continuer comme ça si rien ne change. »

peut être une limite réelle si c’est effectivement là où vous en êtes.

Dans ce deuxième cas, vous ne dites pas à votre partenaire ce qu’il doit faire.

Vous lui dites où vous en êtes, vous.

La différence est importante : une limite ne sert pas à contrôler la réponse de l’autre.

Elle vous oblige aussi à regarder ce que vous ferez si la situation ne change pas.

Et si votre partenaire refuse aussi de parler du problème ?

Refuser une thérapie de couple ne signifie pas forcément refuser toute évolution de la relation.

Votre partenaire peut ne pas vouloir consulter et accepter néanmoins de parler avec vous, d’essayer certaines choses différemment ou de revenir sur la question plus tard.

Dans ce cas, la thérapie n’est pas la seule manière de montrer qu’il existe encore une volonté d’avancer.

En revanche, si votre partenaire refuse la thérapie, mais aussi toute discussion sur ce qui vous fait souffrir et toute tentative de changement, cela vous donne une information importante sur votre situation actuelle.

La question n’est alors peut-être plus uniquement :

« Comment puis-je le convaincre d’aller en thérapie ? »

Elle peut devenir :

« Si rien ne change, est-ce que cette relation telle qu’elle fonctionne aujourd’hui me convient encore ? »

Je ne peux pas répondre à cette question à votre place.

Le refus de consulter ne signifie pas, à lui seul, qu’il faut se séparer.

Mais si vous avez l’impression d’être seul à essayer depuis longtemps, vous avez le droit de regarder sérieusement ce que vous souhaitez continuer à vivre et ce que vous ne voulez plus accepter.

Et s’il y a de la violence, des menaces ou de la peur ?

Si vous avez peur de votre partenaire ou si vous subissez des violences, la priorité n’est pas de réussir à le convaincre de faire une thérapie de couple. La priorité est votre sécurité.

Les violences conjugales peuvent notamment être physiques, sexuelles, psychologiques ou économiques.

En cas de danger immédiat en France, vous pouvez appeler le 17 ou le 112, ou contacter le 114 par SMS.

Pour les femmes victimes de violences, le 3919 permet d’être écoutée, informée et orientée vers les dispositifs adaptés.

Dans ce type de situation, une thérapie de couple classique n’est pas le premier cadre à privilégier.

Cherchez plutôt un soutien individuel et spécialisé, et ne provoquez pas une confrontation autour de la thérapie si vous craignez la réaction de votre partenaire.

Si votre partenaire accepte finalement une première séance

Il n’a pas besoin d’arriver convaincu que la thérapie va fonctionner.

Il peut encore avoir des doutes. Il peut ne pas partager votre explication de ce qui va mal. Il peut ne pas savoir quoi dire.

Ce qui compte, c’est qu’il accepte librement de venir et de participer à la rencontre.

Vous pouvez d’ailleurs arriver avec deux visions très différentes de votre situation. Vous n’avez pas besoin d’être déjà d’accord sur le problème pour commencer à en parler.

Si votre partenaire souhaite essayer, vous pouvez découvrir le cadre et les modalités de ma thérapie de couple en ligne.

Vous ne pouvez pas décider à sa place, mais vous pouvez décider de la vôtre

Le refus de votre partenaire peut vous laisser avec une vraie sensation d’impuissance.

Pourtant, vous n’êtes pas obligé d’attendre indéfiniment qu’il change d’avis pour commencer à réfléchir à votre propre situation.

Vous pouvez lui expliquer ce que vous vivez. Chercher à comprendre ce qui le freine. Proposer une première rencontre sans pression.

Puis son choix lui appartient.

Et le vôtre vous appartient aussi.

Si votre partenaire accepte finalement d’essayer :

→ Découvrir la thérapie de couple en ligne

S’il refuse toujours et que vous souhaitez être accompagné de votre côté :

→ Découvrir la psychothérapie en ligne

Et lorsque vous savez quel accompagnement correspond à votre situation :

→ Prendre rendez-vous

A PROPOS DE L'AUTEUR

Par Romain Meusnier, psychopraticien formé pendant 5 ans à la Gestalt-thérapie, et thérapeute de couple.

J’accompagne les couples en visio, partout en France et à l’étranger, autour des difficultés de communication, des tensions qui se répètent, de la confiance, de la distance dans la relation, de l’intimité et de la sexualité. En individuel, je reçois également les personnes en psychothérapie, en visio et en cabinet à Redon (35).

Découvrez l’ensemble de mes accompagnements | Prendre rendez-vous

Questions fréquentes sur la thérapie de couple

Non, pas comme thérapie de couple. Celle-ci porte sur la relation et nécessite donc la participation des deux partenaires. Si votre partenaire refuse de venir, vous pouvez en revanche commencer une psychothérapie individuelle pour travailler sur ce que vous vivez, vos besoins, vos limites et vos choix. Ce travail individuel ne remplace pas une thérapie de couple et ne permet pas de travailler sur votre partenaire en son absence.

 

Il vaut mieux commencer par comprendre son refus plutôt que chercher la bonne technique pour le convaincre. Demandez-lui ce qui le gêne dans la démarche et expliquez pourquoi, vous, vous aimeriez être aidé. Vous pouvez proposer une première séance sans engagement sur la suite. Mais votre partenaire reste libre de refuser : une thérapie de couple ne peut pas commencer correctement sur une participation imposée.

 

Oui. Des difficultés de couple peuvent tout à fait être abordées en psychothérapie individuelle. Le travail portera alors sur ce que vous vivez dans la relation, vos réactions, ce dont vous avez besoin, vos limites et les décisions auxquelles vous êtes confronté. L’objectif n’est pas de faire changer votre partenaire à distance, mais de vous aider à y voir plus clair de votre côté. ponctuels ne justifient pas forcément une thérapie. Le meilleur repère reste ce que la situation provoque entre vous et votre capacité à la résoudre ensemble. sexualité peut avoir sa place, sans gêne et sans tabou. Et si vous ne souhaitez pas l’aborder tout de suite, il n’y a aucune obligation.

Vous pouvez revenir sur le sujet, répondre à ses questions ou lui laisser du temps lorsque cela vous semble possible. En revanche, répéter la demande jusqu’à obtenir un oui sous pression ne transforme pas un refus en véritable accord. Si sa position reste claire, il devient plus utile de regarder ce que vous pouvez faire de votre côté et ce que cette situation signifie pour vous.

 

Vous n’avez pas besoin de gagner le débat avant de pouvoir demander de l’aide. Vous pouvez expliquer ce que vous vivez dans la relation et pourquoi la situation vous fait souffrir. Si votre partenaire refuse toute démarche à deux, vous pouvez consulter seul. La psychothérapie individuelle permettra alors de travailler votre propre situation sans chercher à déterminer, en l’absence de votre partenaire, qui serait « responsable » du couple.

Le refus d’une thérapie, à lui seul, ne permet pas de décider si une relation doit continuer ou s’arrêter. Regardez aussi ce qui reste possible entre vous : pouvez-vous parler de vos difficultés ? Votre partenaire entend-il ce qui vous fait souffrir ? Existe-t-il une volonté de changer certaines choses ? Et surtout, qu’êtes-vous encore prêt à accepter si rien ne change ? Cette décision reste la vôtre.

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