Thérapie de couple : faut-il attendre d’être en crise ?
- catégorie : Thérapie de couple
Vous vous aimez encore. Vous avez encore de bons moments, des projets, parfois de bons fous rires. Votre quotidien fonctionne plutôt bien.
Et pourtant, quelque chose commence à peser. Une discussion revient régulièrement. Vous évitez peut-être un sujet parce que vous savez déjà comment cela va finir. Vous vous sentez, par moments, un peu plus loin l’un de l’autre.
Rien qui vous fasse dire : « notre couple est en crise ».
Alors vous vous demandez peut-être : « Est-ce que ce que nous vivons est vraiment assez important pour consulter ? » Vous pouvez aussi penser : « Nous devrions pouvoir régler ça seuls », « Tous les couples traversent des périodes comme ça » ou « J’ai peur qu’aller voir un thérapeute dramatise les choses ».
Je suis Romain Meusnier, psychopraticien Gestalt et thérapeute de couple. Et la réponse que je veux apporter ici est simple : vous n’avez pas besoin d’attendre d’être au bord de la rupture pour faire le point sur votre relation.
Cela ne veut pas dire qu’il faut consulter au moindre désaccord. Entre « tout va bien » et « nous n’en pouvons plus », il existe simplement beaucoup de situations où une difficulté mérite déjà votre attention.
En bref
- Non, vous n’avez pas besoin d’attendre une crise majeure pour consulter en thérapie de couple.
- Vous pouvez vous aimer encore et sentir malgré tout qu’un sujet commence à peser entre vous.
- Consulter avant la crise ne signifie pas chercher un problème qui n’existe pas ou considérer votre couple comme malade.
- Si vous arrivez encore à régler vos désaccords et que la difficulté passe réellement, une thérapie n’est pas forcément nécessaire.
- Une première séance peut simplement vous permettre de faire le point, puis de décider si vous souhaitez poursuivre ou non.
Dans cet article
Non, vous n’avez pas besoin d’attendre que votre couple soit en crise
Une thérapie de couple n’est pas réservée aux couples qui parlent déjà de séparation ou qui viennent de traverser une crise majeure.
Votre relation peut globalement bien fonctionner et quelque chose peut malgré tout devenir difficile à vivre à deux.
Vous pouvez continuer à rire ensemble, à avoir des projets, à vous aimer, tout en constatant qu’un sujet revient régulièrement. Vous pouvez aussi sentir que vous parlez moins facilement de certaines choses ou qu’une distance commence doucement à apparaître.
Cela ne fait pas automatiquement de votre couple un couple « en crise ».
Plutôt que de vous demander :
« Est-ce assez grave pour consulter ? »
vous pouvez commencer par une autre question :
« Est-ce que ce que nous vivons commence à nous faire souffrir, à revenir régulièrement ou à nous éloigner ? »
Si oui, vous avez le droit de vous en occuper maintenant. Pas parce que votre couple va forcément mal, mais parce que ce qui vous pèse n’a pas besoin de devenir énorme pour être pris au sérieux.
Pourquoi pouvez-vous avoir tendance à attendre ?
Tant que votre quotidien tient, il peut sembler logique de patienter. Vous pouvez espérer que la situation passe, vous dire que vous en faites peut-être trop ou penser que demander de l’aide signifie que vous avez échoué à régler quelque chose seuls.
« Ce n’est pas assez grave »
Vous avez peut-être en tête une image très précise de la crise de couple : une infidélité, des disputes permanentes, une séparation envisagée.
À côté, ce que vous vivez paraît moins important.
Vous vous entendez encore sur beaucoup de choses. Vous avez toujours de bons moments. Vous ne vous disputez peut-être même pas beaucoup.
Alors vous relativisez.
Relativiser n’est pas un problème. Mais vous n’avez pas besoin d’attendre que la situation devienne grave pour considérer que ce qui vous pèse mérite votre attention.
La difficulté des autres couples n’est pas un bon étalon pour mesurer la vôtre.
Ce qui compte davantage, c’est ce que vous vivez, vous.
« Nous devrions pouvoir régler ça seuls »
Vous avez peut-être déjà essayé.
Vous en avez parlé. Vous vous êtes expliqués. Vous avez décidé de faire autrement. Pendant quelque temps, les choses s’apaisent. Puis le même sujet revient.
Dans ce cas, demander de l’aide ne signifie pas que vous êtes incapables de gérer votre relation.
Cela peut simplement vouloir dire :
« Sur ce sujet-là, nous avons essayé plusieurs fois et nous continuons à tourner en rond. »
Il peut également y avoir une autre crainte : celle de transformer une difficulté encore supportable en « gros problème » simplement parce que vous consultez.
Mais faire une première séance ne signifie pas que vous considérez votre couple comme gravement en difficulté. Vous venez avec ce qui existe aujourd’hui, avec l’importance que cela a réellement pour chacun.
Consulter avant la crise, qu’est-ce que cela veut dire concrètement ?
Consulter avant la crise ne consiste pas à faire un contrôle de votre couple alors que tout va bien.
Ce n’est pas chercher un problème. Ce n’est pas commencer une thérapie « au cas où ». Ce n’est pas non plus penser qu’une relation devrait fonctionner sans aucune tension.
Il y a déjà quelque chose qui vous gêne réellement.
Peut-être une discussion qui revient. Une décision sur laquelle vous n’arrivez pas à vous entendre. Une distance qui vous dérange. Un sujet que vous commencez à éviter.
Simplement, vous choisissez de vous en occuper avant qu’il ne prenne davantage de place dans votre relation.
En séance, nous pouvons partir très simplement de là : ce qui vous amène aujourd’hui, la manière dont chacun vit la situation et ce que vous aimeriez voir changer.
Si vous souhaitez d’abord comprendre mon cadre d’accompagnement, vous pouvez consulter la page Thérapie de couple en ligne.
Comment savoir si c’est le bon moment sans attendre d’être à bout ?
Il n’existe pas de nombre de disputes à atteindre ni de seuil à partir duquel votre couple deviendrait soudain « assez en difficulté » pour consulter.
Vous pouvez plutôt vous poser trois questions simples :
- Est-ce que ce sujet revient malgré ce que nous avons déjà essayé pour le régler ?
- Est-ce qu’il commence à changer notre façon d’être ensemble ? Par exemple, vous évitez certaines discussions, vous renoncez à dire ce que vous pensez ou vous prenez davantage de distance.
- Si rien ne change dans six mois, est-ce que cette situation nous conviendra encore ?
Ces questions ne disent pas si vous « avez besoin d’une thérapie ». Elles servent seulement à distinguer une difficulté qui passe d’une difficulté que vous commencez à laisser s’installer faute de savoir comment la régler.
Si vous cherchez plutôt une liste détaillée des situations qui peuvent amener à demander de l’aide, vous pouvez lire Quand consulter pour une thérapie de couple ? 7 signes à repérer.
Et si votre difficulté concerne surtout les échanges qui tournent en rond, la page Conflits et problèmes de communication dans le couple approfondit ce sujet.
Lorsque c’est plutôt le désir ou l’intimité qui devient difficile à aborder, vous pouvez également consulter Baisse du désir et différence de libido dans le couple.
Et si vous préférez attendre encore un peu ?
Vous pouvez.
Attendre n’est pas forcément une mauvaise décision.
Vous traversez peut-être une période particulièrement chargée. Une discussion récente vous a secoués, mais vous avez réussi à vous reparler. Vous sentez que la tension baisse et que ce qui vous opposait commence réellement à se régler.
Dans ce cas, vous n’avez pas besoin de transformer immédiatement votre difficulté en démarche thérapeutique.
Vous pouvez observer ce qui se passe dans les semaines suivantes.
Est-ce que le sujet s’apaise vraiment ? Est-ce que vous réussissez à en reparler sans repartir dans la même impasse ? Est-ce que chacun se sent suffisamment entendu ? Est-ce que vous retrouvez naturellement votre équilibre ?
Si oui, vous n’avez peut-être pas besoin d’un accompagnement.
En revanche, si vous vous dites régulièrement « nous verrons plus tard » mais que, plusieurs mois après, la même difficulté est toujours là, votre attente vous donne déjà une information.
L’objectif n’est pas de consulter le plus tôt possible.
L’objectif est surtout de choisir plutôt que d’attendre uniquement parce que vous pensez que votre problème n’est pas assez grave.
Que peut changer le fait de consulter avant d’être à bout ?
Consulter plus tôt ne garantit ni une thérapie plus courte, ni un meilleur résultat. Il n’existe pas de règle “plus tôt = mieux”.
Mais vous n’arrivez pas dans la même situation selon que la difficulté commence à peser ou qu’elle occupe déjà presque toute votre relation.
Votre couple ne se résume pas encore au problème
Vous pouvez être en difficulté sur un sujet et continuer à être bien ensemble ailleurs.
Vous avez peut-être encore de la tendresse. Des projets. De l’humour. Du plaisir à être ensemble. Des moments où la difficulté qui vous amène n’est tout simplement pas là.
Cela permet de parler de ce qui ne va pas sans oublier tout ce qui fonctionne encore entre vous.
Le sujet qui vous amène reste important, mais il n’a pas forcément pris toute la place.
Vous avez peut-être encore envie d’essayer autrement
Être fatigués d’une situation n’est pas forcément être à bout l’un de l’autre.
Vous pouvez être découragés par une dispute qui revient et avoir encore envie de comprendre votre partenaire. Vous pouvez ne plus savoir quoi faire et avoir néanmoins envie que quelque chose change.
Cette envie n’est pas une garantie que tout sera simple.
Mais vous n’êtes pas obligés d’attendre de ne plus avoir d’énergie pour demander de l’aide.
Et si votre couple traverse aujourd’hui une crise beaucoup plus importante, cela ne signifie évidemment pas qu’il est « trop tard » pour consulter. C’est simplement une autre situation, avec d’autres difficultés à traverser.
Consulter avant la crise ne veut pas dire dramatiser votre couple
Tous les désaccords ne nécessitent pas une thérapie de couple.
Une mauvaise semaine ne nécessite pas une thérapie. Une dispute isolée non plus. Vous pouvez aussi traverser une période plus tendue et réussir à retrouver votre équilibre ensemble.
Si vous arrivez à parler du problème, à entendre ce que chacun vit et à trouver une issue qui vous convient réellement, vous n’avez peut-être besoin de rien de plus.
La question se pose davantage lorsque quelque chose dure, revient ou vous éloigne malgré vos tentatives pour le régler.
Consulter peut alors simplement vouloir dire :
« Nous voyons qu’il y a quelque chose que nous n’arrivons pas à résoudre comme nous le souhaiterions, et nous voulons prendre un temps pour nous en occuper. »
Et si votre partenaire pense que c’est trop tôt ?
Vous pouvez ressentir la situation différemment.
Pour vous, le sujet est peut-être déjà important. Votre partenaire peut sincèrement penser que « ça va encore » ou que vous réussirez à régler cela seuls.
Cela ne veut pas forcément dire qu’il ou elle minimise ce que vous vivez.
Le mot « thérapie » peut aussi faire peur. Il peut évoquer des mois de séances, un couple qui va très mal ou l’idée que quelque chose est déjà cassé.
Proposer une première rencontre plutôt que décider d’un suivi
Vous pouvez expliquer ce que vous souhaitez sans annoncer à l’avance une longue thérapie.
Plutôt que :
« Nous devons commencer une thérapie de couple. »
vous pouvez dire :
« J’aimerais que nous fassions une première séance pour parler de ce qui nous pose problème et voir si cela peut nous être utile. »
Vous ne demandez pas à votre partenaire de décider aujourd’hui de la suite.
Vous lui proposez une première rencontre.
Ensuite, vous pourrez en reparler ensemble.
Et si votre partenaire ne souhaite pas participer, cette limite doit être respectée. Une thérapie de couple nécessite que les deux partenaires acceptent de venir.
Que peut apporter une première séance quand vous n’êtes pas en crise ?
Vous n’avez pas besoin d’arriver avec une explication parfaite de votre problème. Vous n’avez pas non plus besoin d’être totalement d’accord sur ce qui ne va pas.
Lors d’une première séance, nous pouvons partir de ce que chacun vit aujourd’hui.
Elle peut notamment permettre de :
- dire comment chacun voit la situation, même si vos perceptions sont différentes ;
- revenir sur ce qui vous amène à demander de l’aide maintenant ;
- regarder ce que vous avez déjà essayé ;
- clarifier ce que chacun aimerait voir changer ;
- découvrir ma manière de travailler et voir si ce cadre vous convient.
À l’issue de cette première rencontre, vous restez libres de poursuivre ou non.
Une première séance est d’abord une rencontre. Elle ne vous engage pas automatiquement dans un accompagnement sur plusieurs mois.
Si vous souhaitez savoir plus précisément à quoi vous attendre, vous pouvez lire Que se passe-t-il lors d’une première séance de thérapie de couple en ligne ?.
Faire le point avant d’être à bout
Vous n’avez pas besoin d’attendre que votre relation soit au bord de la rupture pour considérer qu’une difficulté mérite votre attention.
Vous pouvez vous aimer encore et avoir besoin d’aide. Vous pouvez avoir de bons moments et sentir qu’un sujet commence malgré tout à vous éloigner. Les deux peuvent être vrais en même temps.
Et vous pouvez aussi constater que vous arrivez encore à traverser cette difficulté seuls.
L’enjeu n’est donc pas de consulter « tôt » à tout prix.
Il est plutôt de ne pas attendre uniquement parce que vous pensez que ce que vous vivez n’est pas assez grave pour être entendu.
Si vous souhaitez comprendre mon cadre, ma manière de travailler et les difficultés que j’accompagne :
→ Découvrir la thérapie de couple en ligne
Et si vous souhaitez faire une première rencontre :
A PROPOS DE L'AUTEUR
Par Romain Meusnier, psychopraticien formé pendant 5 ans à la Gestalt-thérapie, et thérapeute de couple.
J’accompagne les couples en visio, partout en France et à l’étranger, autour des difficultés de communication, des tensions qui se répètent, de la confiance, de la distance dans la relation, de l’intimité et de la sexualité. J’accompagne également les personnes en psychothérapie individuelle, en visio et en cabinet à Redon.
Découvrez l’ensemble de mes accompagnements | Prendre rendez-vous
Questions fréquentes sur la thérapie de couple avant la crise
Faut-il être au bord de la rupture pour consulter en thérapie de couple ?
Non. Vous pouvez consulter avant une crise majeure, lorsqu’une difficulté revient, commence à peser ou crée progressivement de la distance entre vous. Cela ne signifie pas qu’il faut consulter au moindre désaccord. Ce qui compte surtout est de savoir si vous arrivez encore à régler ensemble ce qui vous pose problème.
Est-ce utile de consulter si nous nous aimons encore ?
Oui. Vous pouvez aimer votre partenaire et ne plus savoir comment avancer sur un sujet précis. L’amour et les difficultés ne s’excluent pas. Une thérapie de couple n’est donc pas réservée aux relations dans lesquelles les sentiments ont disparu ou une séparation est déjà envisagée.
Est-ce trop tôt si nous nous disputons peu ?
Pas nécessairement. Certaines difficultés de couple passent davantage par l’évitement ou la distance que par les disputes. À l’inverse, quelques désaccords ponctuels ne justifient pas forcément une thérapie. Le meilleur repère reste ce que la situation provoque entre vous et votre capacité à la résoudre ensemble. sexualité peut avoir sa place, sans gêne et sans tabou. Et si vous ne souhaitez pas l’aborder tout de suite, il n’y a aucune obligation.
Consulter signifie-t-il que notre couple va mal ?
Non. Consulter signifie seulement que vous choisissez de prendre un temps pour vous occuper d’une difficulté. Une première séance ne pose pas de diagnostic sur votre couple et ne signifie pas que votre relation est condamnée ou gravement en crise.
Que faire si mon partenaire pense qu’il est trop tôt pour consulter ?
Vous pouvez commencer par expliquer ce qui vous donne envie de proposer une séance, sans chercher à démontrer que votre partenaire a tort. Une première rencontre peut permettre de découvrir le cadre avant de décider d’un suivi. Si votre partenaire refuse de participer, cette décision doit être respectée, car une thérapie de couple nécessite la participation des deux partenaires.
Peut-on faire une seule séance de thérapie de couple ?
Oui. Une première séance ne vous oblige pas à poursuivre. Elle permet de présenter ce qui vous amène, d’entendre la manière dont chacun vit la situation et de découvrir le cadre proposé. Vous pouvez ensuite décider ensemble si vous souhaitez continuer ou non.